Tuesday, June 10, 2008

Broken

I got no lips, I got no tongue
Whatever I say is only spit

(Pixies, extrait // excerpt, Broken Face)

Erected

Were apin rapin tapin catharsis
You get torn down and I get erected
My blood is working but my, my heart is
Dead

(Pixies, extrait // excerpt, Dead)

Promotion

Quant à toi, mort, et toi, amère étreinte de la mortalité...il est vain d'essayer de m'effrayer

Pour accomplir sa tâche sans sourciller arrive l'accoucheur,
Je vois la main experte qui presse, reçoit, soutient,
Je m'étends au seuil des exquises portes flexibles...j'observe la sortie, j'observe la délivrance et la libération

Quant à toi, cadavre, je pense que tu fais un bon fumier et ne m'en offusque point,
Je sens le doux parfum des roses blanches qui s'épanouissent,
Je touche les lèvres feuillues...je touche les seins satinés des melons.

Quant à toi, vie, je crois que tu es le résidu de maintes morts,
Nul doute que je ne sois moi-même déjà mort dix mille fois.

Je vous entends murmurer là-bas, ô astres célestes,
Ô soleils...ô herbe des tombes...ô transferts et promotions perpétuels...si vous ne dites rien, comment puis-je dire quoi que ce soit?

De l'étang vaseux au fond de la forêt d'automne,
De la lune qui suit la pente abrupte du crépuscule gémissant,
Dansez, éclats de jour et de nuit...dansez sur les tiges sombres qui croupissent dans la fange,
Dansez au son de la plainte inarticulée des branches sèches.

Je m'élève au-delà de la lune...je m'élève au-delà de la nuit,
J'aperçois dans ce chatoiement blafard le reflet des rayons du soleil,
Et débouche sur le foyer immuable, au-delà de ses rejetons, grands ou petits.

(Walt Whitman, extrait // excerpt, Feuilles d'herbe // Leaves of Grass, trad. // transl. E. Athenot)

Friday, January 18, 2008

Ailleurs

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De tes ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traitres yeux
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

(Baudelaire, extrait // excerpt, L'invitation au voyage)

Thursday, January 3, 2008

Uncharted

My mind is like an ocean
My mind is like an ocean

(Frank Black, extrait // excerpt, Ten Percenter)

Instructions

This is the only notice you will receive.
You will follow the instructions set out below.

1.
Dress warmly and leave your house. Do not tell your family you are leaving. Do not talk to them at all. Do not listen if they talk to you. Dress warmly and leave yur house.

2.
Proceed at a brisk clip to the center of town. Do not speak to anyone in the street. Do not--do not--become involved in any conversations. Step right along. Do not tarry.

3.
At the center of town, in the little park across from the courthouse, is a building that was not there the last time you were downtown. It will strike you as a very ugly building, and its appearance will make you feel apprehensive. Pay no attention to such feelings. Do not look right or left. Enter the building. It has only one doorway and no visible door. Go right in.

4.
You will find yourself standing in a cold gray mist, with no visibility whatever. This will cause you to feel great fear. Despite the fear, you will follow instructions. Advance six steps.

(Bob Leman, extrait // excerpt, Instructions)

Evasion

"Peut-être qu'il n'y a plus rien?" La terre lui paraissait belle et pure comme après le déluge; deux pies se posèrent ensemble devant lui sur l'accotement, à la manière des bêtes des fables, lissant avec précaution sur l'herbe leur longue queue. "Jusqu'où pourrait-on marcher comme ça?" songea-t-il encore, médusé, et il lui semblait que ses yeux se pressaient contre leurs orbites jusqu'à lui faire mal: il devait y avoir dans le monde des défauts, des veines inconnues, où il suffisait une fois de se glisser. De moment en moment, il s'arrêtait et prêtait l'oreille: pendant des minutes entières, on n'entendait plus rien; le monde semblait se rendormir après s'être secoué de l'homme d'un tour d'épaules paresseux. "Je suis peut-être de l'autre côté" songea-t-il avec un frisson de pur bien-être; jamais il ne s'était senti avec lui-même dans une telle intimité.

(Julien Gracq, extrait // excerpt, Un balcon en forêt)

Monday, December 17, 2007

Wave

Cease to resist, giving my goodbye
Drive my car into the ocean
You'll think i'm dead, but I sail away
On a wave of mutilation
A wave
Wave

(Pixies, extrait // excerpt, Wave of Mutilation)